Epiphanie

Noël nous a placés devant un événement tout pauvre survenu un jour à Bethléem. L’Epiphanie révèle que cet événement a une dimension universelle. Les mages représentent tous les peuples, toutes les cultures.

Aujourd’hui, nous voudrions comprendre comment la lumière du Christ peut illuminer tous les hommes. Pour y parvenir, comme les mages nous devons quitter nos habitudes, certaines de nos croyances, nous quitter nous-mêmes, nous courber et entrer dans l’étable. Toute autre attitude passerait à coté de ce Dieu qui s’est abaissé jusqu’à naître dans un lieu caché.

Arrêtons-nous avec eux. Que notre prière, avant d’être demande, soit, comme la leur, adoration. Quand nous regardons vers la lumière du Christ, elle nous devient peu à peu intérieure et le mystère du Christ devient aussi le mystère de notre vie.

L’esprit d’adoration n’est pas facile dans un monde où l’efficacité immédiate compte tellement, où la seule pensée des longues maturations suscite l’impatience. A l’instar des mages, il y a un chemin à faire pour arriver à nous tenir simplement en présence de Dieu. Dans de longs silences où apparemment rien ne se passe, Dieu est à l’œuvre en nous, sans que nous sachions comment.

L’Epiphanie montre les mages adorant l’Enfant. Regardons cet enfant pour comprendre qui est Dieu. Voyons l’extrême humilité de Dieu. Voyons que, comme un enfant pauvre, il vient mendier notre amour ! Et voyons aussi qu’il rend la dignité d’êtres humains à ceux qui l’ont perdue.

Adorer signifie discerner la présence de Dieu. Il est là dans sa Parole. Il est là dans l’eucharistie. Il est là dans les événements humbles de notre vie. Et l’Evangile insiste : Dieu se laisse trouver chez les plus pauvres.

Adorer signifie nous détourner de nous-mêmes pour regarder vers Dieu. Si nos soucis prennent toute la place, comment désensabler la source de vie que Dieu a déposée en nous ?

L’adoration des mages s’exprime par une offrande. La prière d’adoration nous pousse à offrir le meilleur de nous-mêmes à Dieu et aussi aux autres. Elle nous entraîne au don de notre vie pour ceux qui nous sont confiés.

En venant sur la terre, Jésus a manifesté l’amour infini de Dieu pour tous les humains, de toutes les nations. Il a inscrit le oui de Dieu au plus profond de la condition humaine. Dieu nous accueille tous tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec nos obscurités, et même nos fautes. Nous apprenons à accepter que nous sommes des pauvres. Et depuis lors, nous ne pouvons plus désespérer ni du monde ni de nous-mêmes.

d’après un texte du Frère Aloïs in OSER CROIRE, Les Presses de Taizé.