La manière de Dieu – réflexion du Pape François pour la Semaine Sainte

La liturgie du dimanche des Rameaux nous enseigne que le Seigneur ne nous a pas sauvés par une entrée triophale ni par le moyen de puissants miracles. l’Apôtre Paul, dans la seconde lecture, synthétise par deux verbes le parcours de la rédemption : il s’est anéanti et il s’est abaissé lui-même. Ces deux verbes nous disent jusqu’à quelle extrémité est arrivé l’amour de Dieu pour nous. Jésus s’est anéanti lui-même : il a renoncé à la gloire de Fils de Dieu et il est devenu Fils de l’homme pour être en tout solidaire avec nous, pécheurs, lui qui est sans péché. Et pas seulement : il a vécu parmi nous une condition de serviteur; non pas de roi, ni de prince, mais de serviteur. Il s’est donc abaissé, et l’abîme de son humiliation, que nous montre la Semaine Sainte, semble ne pas avoir de fond.

La manière d’agir de Dieu peut nous sembler si lointaine; lui, il s’est anéanti pour nous, alors que même nous oublier un peu nous-mêmes nous paraît difficile. Il vient nous sauver; nous sommes appelés à choisr sa route : la route du service, du don de l’oubli de soi. Puissions-nous emprunter cette route en nous arrêtant ces jours-ci pour regarder le Crucifié; c’est la « Chaire de Dieu » pour apprendre l’amour humble qui sauve et qui donne la vie, pour renoncer à l’égoïsme, à la recherche du pouvoir et de la renommée. Par son humiliation, Jésus nous invite à marcher sur sa route. Tournons le regard vers lui, demandons la grâce de comprendre au moins quelque chose de ce mystère de son anéantissement pour nous; ainsi, en silence, contemplons le mystère de cette semaine.