1er dimanche de carême B – 21 février 2021

Je mets mon Arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’Alliance entre moi et la terre.

 Frères et sœurs,

C’est dépuis le mercredi des cendres que nous avions commencé le temps de Carême : 40 jours de marche vers Pâques. 40 nous rappelle les 40 ans de marche du peuple hébreu au désert, après leur sortie d’Egypte quand Dieu se manifesta à eux pour leur proposer son Alliance et un chemin de vie. Ce fut un temps de grande épreuve, car les reniements furent nombreux dans le peuple.

Jésus a repris ce parcours à son compte en 40 jours pour nous ouvrir le chemin de fidélité à l’Alliance conclue avec le Seigneur.

Le Carême est un temps où nous nous préparons à renouveler les vœux de notre baptême ; un temps où l’Eglise nous demande à réfléchir à notre rapport à la vie, à notre Alliance avec Dieu, à notre respect de nos frères et sœurs ; cela se traduit par la Prière, l’Aumône et le Jeûne.

En ce début de Carême, notre regard se porte sur « l’Alliance ». Continuer la lecture

6e dimanche dans l’année B – 14 février 2021

Connaître et accomplir la volonté de Dieu

Mc. 1, 40-45             

Un lépreux sollicite la guérison du mal qui le rongeait et demande à Jésus : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ». Et, avec grande compassion, Jésus le touche et lui répond en disant: « Oui, je le veux, sois purifié ». A l’instant même, sa lèpre disparaît et il fut complètement guéri.

Avec cette guérison, nous découvrons que Jésus-Christ est celui qui est venu nous révéler la Volonté infiniment aimante du Père. Il nous invite à notre tour, à l’accueillir dans notre vie, à nous y référer dans nos actions et à l’annoncer à nos frères et sœurs afin qu’eux aussi louent le Père et proclament sa gloire.

Connaître et accomplir la volonté de Dieu nous permettent de construire solidement notre vie terrestre et nous ouvre l’accès à la vie éternelle après notre mort.

1.Connaître la volonté de Dieu.

1.1. La guérison du lépreux

La première lecture de ce dimanche nous enseigne qu’élans l’Ancien Testament , lorsqu’une personne se rendait compte qu’il est atteint de la lèpre, il devrait se mettre en isolement. Nous pouvons constater qu’elle souffrait, non seulement du mal qui détruisait son corps, mais également de celui qui l’éloignait de ses proches et de toute la vie sociale. Continuer la lecture

5e dimanche dans l’année B – 7 février 2021

Chers frères et sœurs,

La première lecture et l’évangile nous proposent de méditer sur un thème bien important, celui de la maladie. Nous savons que la maladie demeure aussi un point d’interrogation vivace pour toute personne en bonne santé.

Avant de méditer la parole qui nous est offerte sur ce sujet,  il convient de faire quelques réflexions de bon sens.

Lorsque une personne se trouve atteinte dans sa santé,  aussitôt elle s’en trouve scandalisée,  comme d’une situation anormale. Il n’est pas rare d’entendre des phases comme celles-ci : »Qu’est ce que j’ai fait au Bon Dieu ? »

Or, à  bien y réfléchir, qu’une machine aussi complexe que le corps humain se trouve parfois en état de moins bon fonctionnement,  quoi de plus naturel ? Qu’une merveille aussi subtile que le psychisme humain soit parfois prise en défaut,  qui s’en étonnerait ? Et pourtant,  des réflexions de ce genre n’ont jamais consolé un malade. La mort même, que des savants nous présentent comme un phénomène naturel puisque nous sommes tributaires des lois de la vie animale,  nous paraît comme le suprême scandale,  la contradiction la plus violente, le symbole absolu du mal.

C’est qu’il y a dans l’homme autre chose que la vie animale  autre chose qu’un psychisme sophistiqué. Tout ceci n’est qu’une condition de possibilité pour que l’homme existe comme homme. L’essentiel de l’homme est son désir.

Indéfinissable, insaisissable par les microscopes et autres scanners,  le désir nous tient debout  et nous fait vivre comme êtres humains. C’est lui qui souffre avant tout Lorsqu’un obstacle se dresse sur la route de son accomplissement.

Chers frères et sœurs, c’est ici que le passage du livre de Job prend tout son sens. Il nous montre Job perclus de mille maux physiques et moraux. N’a-t-il pas perdu,  à la fois, ses enfants  et la santé ? En cette page, tous les malheureux peuvent se reconnaître, jusqu’au manœuvre dont le seul intérêt  qu’il trouve à son travail  est tout entier résumé par l’argent qu’il espère toucher.  Qu’une telle page existe dans la Bible nous dit, déjà,  que nos récriminations  , nos désespérances mêmes, sont bien normales et légitimes.

Pourtant  il nous faut garder devant les yeux  l’ensemble du.livre de Job qui ne se réduit pas seulement aux protestations du juste meurtri.

Le livre nous montre la véritable nature du désir de Job. Son désir est plus profond que ses misères. Il est resté fidèle à la foi en Dieu. Ce Dieu, il ne le comprend plus.Mais il croit,.malgré tout, qu’il est son Dieu juste et bon. Chaque fois que ses amis,et jusqu’à sa femme,  lui suggèrent d’abandonner son Dieu, Job réaffirme sa confiance. Voici un homme qui a su découvrir en lui un désir plus profond que le désir d’être en bonne santé, plus profond même que. Le désir de comprendre. Son désir est de rester ami de son Dieu, respectueux de sa transcendance qu’aucune intelligence humaine ne saurait maîtriser. Ce désir-là,  aucun malheur ni la mort même ne parviendront à  le détruire.

La page d’évangile que nous lisons peut prendre sens.  Jésus  guérit la belle mère de Pierre

L’étonnant n’est pas cette guérison. L’étonnant n’est pas dans les nombreuses guérisons  que raconte l’évangile. L’étonnant est que jésus n’ait pas  guéri tous les malades de la Palestine de son temps. Ces guérisons sont des signes d’autre chose. Elles sont les signes qui peuvent révéler, c’est leur but   la vraie nature du désir que tout homme porte en lui, même s’il ne s’en rend pas compte encore. Ces guérisons nous disent que jésus veut sauver le bien de l’homme. Mais les guérisons qu’il n’a pas accomplies nous disent,  en complément, combien la santé que Dieu veut donner à  tous n’est pas de l’ordre de la terre. Ce qu’il veut donner à chaque homme , c’est la santé éternelle ,  c’est la solidité d’une vie humaine qui saura franchir jusqu’à la mort humaine. Un jour,  jésus lui-même sera pris dans les souffrances du corps comme dans les terribles angoisses du cœur au cours de sa passion. Alors que son désir humain le poussera, comme nous, à supplier le Père d’être délivré de cette heure  il acceptera d’en être délivré à la manière dont Dieu désire le faire. Or le désir de Dieu est de nous libérer tous dans une résurrection définitive qui laisse à la maladie et à la mort le temps de faire son œuvre. Cette œuvre, c’est encore le Christ de la Passion qui nous l’indique lorsqu’il dit, : »Père je remets mon esprit entre tes mains « .

Que nis souffrances nous ouvrent à cette même espérance d’éternité !Qu’elle nous dévoile notre désir le plus authentique qui se trouve anesthésié par notre bien-être !Qu’elle nous révèle combien ce désir et le désir de Dieu ne font qu’un : vouloir vivre éternellement, amen !

4ème dimanche ordinaire B – 31 janvier 2021

Mc 1, 21-28

La Parole de Dieu nous libère de tout mal

Jésus est cette Parole de Dieu qui nous enseigne avec autorité la volonté de Dieu et qui nous guérit corporellement et spirituellement. Écoutons-le pour que nous ne soyons plus aliénés par le mal, pour que nous gardions notre liberté à faire le bien en toutes circonstances et pour que nous nous consacrions fidèlement à étendre le Règne de Dieu sur la terre.

  1. Laliénation de lhomme

L’Évangile de ce dimanche rapporte qu’un homme possédé par un esprit mauvais est présent dans la synagogue de Capharnaüm. C’est dire que l’esprit mauvais est présent à l’intérieur d’une communauté croyante. La présence et la parole de Jésus dévoilant cet intrus au grand jour, manifestent que Dieu est capable, en toutes circonstances, de délivrer l’homme du mal qui le hante et l’opprime.

Cela nous révèle aussi que la présence du mal est partout dans le monde. Le mal est présent dans nos cœurs, dans nos vies, dans nos communautés et dans la nature, que nous en soyons conscients ou non. Il y a le mal que nous subissons et qui nous vient de la nature, par exemple les tremblements de terre et des inondations. Il y a le mal que nous faisons nous-mêmes. Nous sommes capables de méchanceté et chacun de nous peut en être conscient lorsqu’il blesse son prochain. Il y a aussi des conditions ou des circonstances qui nous poussent à commettre le mal. Continuer la lecture

24 janvier 2021 – 3e dimanche dans l’année B

La vocation, chemin de conversion

Si je vous parle de vocation, à quoi pensez-vous ?  À la crise des vocations ?  Peut-être aux cinq jeunes francophones qui sont entrés au séminaire cette année ?  Quand on parle de vocation, on s’imagine une qualité particulière, un don surnaturel, une volonté hors du commun que certains auraient pour devenir prêtres et d’autres pas.  « Il a la vocation, ça se voit », entend-ton parfois.

Et pourtant, la vocation n’a rien d’un privilège réservé à quelques-uns.  Chacun de nous reçoit une vocation propre, unique, aussi belle que celle des prêtres et des saints, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte.  Et cette vocation est le chemin de notre conversion.

Au sens étymologique, la vocation est un appel (latin vocare).  Si nous sommes sur terre, c’est parce que Dieu nous y a appelé pour une mission particulière.  Cet appel, nous le recevons à tout âge, quel que soit notre état de vie.  Quand le Christ appelle Simon, André, Jacques et Jean à venir à sa suite, c’est nous qu’il appelle. Continuer la lecture

Dimanche 17 janvier 2021 – 2e dimanche dans l’année B

Posant son « regard » sur Jésus qui allait et venait, il dit : « voici l’Agneau de Dieu ».

Chers frères et sœurs,

De la vocation du jeune Samuel jusqu’à celle des disciples de Jésus, les saintes écritures nous présentent des personnages appelés ou désignés par Dieu. L’homme n’est pas seul à décider de sa mission terrestre. Chaque mission, s’inscrit dans un mystérieux dialogue entre Dieu et l’homme.

On dit volontiers que de nos jours, les vocations se raréfient.  Dieu appellerait-il moins qu’autre fois ? Certes non ! C’est plutôt l’homme qui détourne son regard à l’appel de Dieu.

Les textes de ce dimanche nous appellent à changer notre regard, à voir d’une autre façon pour discerner l’appel de Dieu.

Il s’agit de changer son regard sur l’autre (Is 3, 3b-10.19)

C’est ce que doit faire le prêtre Eli avec Samuel. Le regard qu’il pose sur Samuel doit changer.

Ce n’est plus l’enfant serviteur qui se tient devant lui, c’est celui qui est appelé par Dieu.

Le prêtre Eli a su voir, il a su porter son regard au-delà des apparences pour aider le jeune Samuel à reconnaître la voix du Seigneur.

Nous aussi, Il nous faut souvent savoir voir au-delà des apparences, et aider nos enfants ou les jeunes dont nous sommes responsables à discerner les appels de Dieu dans leur vie et à y répondre.

Ce rôle de facilitateur et cet appel de Dieu sont remarquablement illustrés dans l’évangile de ce dimanche où Jean le Baptiste en posant son regard sur Jésus indique à deux de ses disciples

 « Voici l’Agneau de Dieu ». (Jn 1,35-42)

Aussitôt les deux disciples suivirent Jésus.

Posant son regard à son tour sur les deux disciples, le Christ leur dit : « Que cherchez-vous ? » ils répondirent « Rabbi où demeures-tu ? » Il leur dit : « venez et vous verrez ».

A son tour, André l’un des deux disciples, alla trouver son frère Simon-Pierre pour l’amener à Jésus.

Jésus posant son regard sur Simon qui le suivi.

Il suffit de voir le Christ pour que votre vie change de sens et soit transformée.

Nous sommes donc appelés à voir au-delà des apparences et à changer notre regard sur les autres et sur nous-mêmes. Il nous faut voir et aussi accepter d’être regardé, accepter le regard de Jésus en retour ; ce regard du Christ qui nous dit « venez et vous verrez ».

Il ne suffit cependant pas de changer seulement son regard sur les autres, il s’agit aussi de changer son regard sur soi-même, et c’est parfois le plus difficile.

Paul invite les corinthiens à changer leur regard sur leur propre corps (1 Co 6, 13c-15a. 17-20)

« Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit saint ».

Nous sommes appelés à respecter notre corps et aussi le corps des autres. Le corps n’est pas un objet dont je peux disposer comme je l’entends. « Le corps est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps ».

C’est aussi un autre appel qui nous est lancé en ce dimanche ; celui de respecter notre corps, non pas comme une fin en soi, mais parce qu’il est le premier outil à notre disposition pour suivre le Seigneur.

Le corps est sacré, il est le sanctuaire de l’Esprit Saint.

Amen

Abbé Hugues Mbatizoma Telo

 

Dimanche 10 janvier – Fête du Baptême du Seigneur B

Le Baptême du Seigneur est un événement capital dans l’histoire de la vie de Jésus, dans la compréhension de son identité et de son mystère.

Si trois évangélistes racontent la scène , si l’église en a fait une fête spéciale pour le célébrer, cela veut bien dire que cet événement est essentiel pour notre vie spirituelle. Nous y trouvons, en effet, et fortement manifestée, ce que l’on peut appeler l’humilité de Dieu. Mais nous y trouvons aussi révélée la nature divine de Jésus ainsi que tout le rapport entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.

Pour les gens qui se trouvaient auprès de Jean Baptiste ce jour-là, la venue de Jésus au bord du Jourdain passa tout simplement inaperçue. Jésus, fils de Joseph, comme tant d’autres, venait demander le baptême de Jean. Mais pour nous, les chrétiens ayant bénéficié de l’annonce de la résurrection de Jésus, lorsque nous relisons cette scène, nous en demeurons confondus. Le fils de Dieu, l’auteur de la vie, le trois fois saint, le voici, prenant humblement rang au milieu de la foule pour solliciter, comme chacun, le baptême annoncé par Jean: » repentez vous et faites pénitence… » Le fils de Dieu se met donc au rang des pécheurs.

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Dimanche 3 janvier 2021 – fête de l’Epiphanie B

Tous les hommes sont associés au même héritage

Eph 3, 2-3.5-6   –   Mt 2, 1-12

En Jésus Christ, Dieu fait homme, tous les hommes, au-delà de leurs différences, sont enfants de Dieu et « sont associés au même héritage, au même corps et au partage de la même promesse » (Eph 3, 6).

*

En célébrant la fête de Noël, nous confessions qu’en l’Enfant Jésus, c’est Dieu lui-même qui se fait homme. C’est cela que nous affirmons avec le credo de Nicée-Constantinople en disant:« pour nous les hommes et pour notre salut, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ».  Aujourd’hui, en célébrant la fête de l’Epiphanie, nous nous réjouissons parce que l’incarnation du Fils de Dieu dépasse les limites des frontières d’Israël et de la religion juive. Nous sommes heureux avec les mages parce qu’en l’Enfant de la crèche, c’est de Dieu lui-même qui rejoint chaque homme et tous les hommes dans leur humanité. Il devient l’un de nous. Il est le «Dieu-avec-nous» (Mt 1, 23) et il habite parmi nous (Jn 1, 14). Il est semblable à nous en toutes choses, à l’exception du péché (He 4, 15).

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4e dimanche de l’année B – 20 décembre 2020

Collaborer au projet de Dieu !

(Lc 1, 26-38)

Par l’entremise de l’ange Gabriel, Dieu sollicite la Vierge Marie pour lui demander de devenir la mère de son Fils en vue de sauver tous les hommes. Comme nous le lisons dans l’évangile, elle a accepté de collaborer à ce projet divin.

Aujourd’hui, cette demande du Père nous interpelle aussi sur notre manière de prier. Elle est également, pour nous, une invitation à collaborer au projet de Dieu et à permettre à Dieu de manifester ainsi sa présence bienfaisante dans la vie des hommes.

  1. Notre manière de prier est interrogée

Avec David et Marie, Dieu se fait demandeur. Par le biais du prophète Nathan, Dieu demande au roi David de lui construire un temple qui sera le lieu qui abritera sa présence. Par l’ange Gabriel, Dieu demande à Marie d’être la mère de son Fils par lequel il va sauver le monde. Ces deux exemples nous rappellent que Dieu est aussi celui qui nous demande et sollicite notre collaboration. Il n’est pas seulement celui qui écoute nos prières ! Continuer la lecture

3ème dimanche de l’Avent B : 13 décembre 2020

Soyons des témoins de la Lumière !

Jn 1, 6-8.19-28.

Le Messie, qui viendra à Noël et que nous attendons dans la foi, est la Lumière qui nous vient directement de Dieu pour nous sortir des ténèbres du péché. Écoutons la voix de Jean Baptiste qui nous invite à nous détourner du mal et d’accueillir Jésus. Ainsi, en nous attachant à lui, nous pouvons être, à notre tour, des témoins de la Lumière dans le monde.

  1. Jésus-Christ, Lumière du monde

Plus nous nous rapprochons de Noël, plus nous voyons nos villes et nos rues principales qui s’illuminent. Avec ces guirlandes, nous apercevons des multiples formes lumineuses qui nous souhaitent déjà « joyeuses fêtes ». C’est une manière de célébrer la naissance de Jésus même par ceux qui ne croient pas en lui. Et nous qui sommes ses disciples, nous avons déjà installé nos crèches en ornant nos sapins d’étoiles, de boules et de toutes sortes de lumière qui nous rappellent que par Jésus Christ Dieu vient éclairer notre monde. Continuer la lecture