25e dimanche dans l’année B – 19 septembre 2021

Sg 2, 12.17-20 ; Jc 3, 16 – 4,3 ; Mc 9, 30 – 37

Le chemin du service et de l’humilité.

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » (Mc 9, 33)

Les disciples de Jésus sont dans une problématique de rivalité, ils se discutent pour savoir lequel d’entre eux est le plus grand. Chose curieuse, mais Jésus leur dit que ce n’est pas mal d’être premier, en plus il leur donne des moyens d’y parvenir.

Le moyen d’après lui est bien simple, et à la portée de tout le monde. « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35).

Mais c’est fort triste de voir que ceux qui cherchent à rendre service aux autres d’une bonne foi, de fois deviennent des témoins gênants. Leur manière de vivre devient un reproche permanent pour les autres.                                                     Ce sont ceux que le livre de la Sagesse appelle des serviteurs souffrants. Et c’est sous les traits du serviteur souffrant, du prophète persécuté, que Jésus se présente aujourd’hui dans l’Evangile de Marc.

Alors que Jésus leur annonce sa passion et sa mort, les disciples se querellent pour savoir qui est le plus grand parmi eux. Contraste cinglante entre le dépouillement volontaire du serviteur, décidé à aller jusqu’au bout de sa mission, et les rêves de prestige qui hantent ses compagnons.                                    Voilà qui s’interroge nos pratiques et nos mentalités, ici et maintenant : le désir de passer avant l’autre. Nous ressemblons aux disciples quand nous faisons passer nos intérêts personnels avant ceux de la communauté.                          N’avons-nous pas vu des gens qui profitent des pires catastrophes, des guerres, des famines, des incendies, des inondations pour s’enrichir aux dépens des ceux qui sont éprouvés, prétextant qu’ils rendent service ?

Pour purifier les intentions de ses disciples, Jésus, comme le faisaient souvent les prophètes, illustre par un geste son enseignement. Il prend un enfant, il l’embrasse et dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille » (Mc 9, 37).

Qu’est-ce que cela veut dire être comme un enfant ?

Un enfant est-il sans péchés, pur et innocent ? Un enfant ne convoite-t-il jamais le jouet de l’autre ? Un enfant n’est-il jamais jaloux d’un autre ? Un enfant ne se bat il jamais avec ses frères et sœurs ?

Nous savons tous que ce n’est pas vrai. Les enfants, comme les adultes, peuvent être jaloux, colériques, violents, envieux, se disputent un jouet ou l’affection de leurs parents. Ce n’est pas par là qu’il faut chercher.

Le Psaume 130 nous dit : « Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère ».

Être un enfant ne veut pas dire être pur et parfait, être comme un enfant veut dire être petit, faible, vulnérable. Un enfant a besoin de l’autre pour vivre. L’enfant a besoin d’amour pour vivre, besoin de confiance, d’affection, besoin qu’on lui pardonne ses bêtises.

Être un enfant face à Dieu, c’est se reconnaître petit et faible. C’est savoir que nous avons besoin de son amour, de sa tendresse, de son pardon pour vivre. C’est reconnaître que sans lui nous sommes perdus et tristes, c’est accepter ses limites et sa faiblesse, reconnaître que c’est lui qui nous donne notre pain de chaque jour. C’est cela la sagesse de Dieu et non la sagesse des hommes, pleine de convoitise comme le dit saint Jacques.

Dans la deuxième lecture, saint Jacques vise les dissensions et les rivalités qui existaient entre les chrétiens, entre riches et pauvres. La soif de s’enrichir justifiait pour les gros propriétaires l’emploi de tous les moyens y compris la violence et le meurtre. C’est cette convoitise inscrite au fond de l’homme qui est génératrice des guerres, des injustices et des inégalités. Cependant, qui se laisse modeler par Dieu, est artisan de paix, car celle-ci se construit dans la droiture, la tolérance, la justice et le service qui est son fruit précieux.

Frères et sœurs, en ce dimanche Jésus nous met en garde contre un certain nombre de défauts qui détruisent les relations humaines et la relation que l’on peut avoir avec Dieu : la jalousie, la convoitise, les rivalités, le désir de passer avant l’autre, l’ambition, la violence, tous ces traits de notre humanité sont à bannir. Et pour dépasser tout cela, il nous faut accueillir Dieu comme un petit enfant et être au service des autres.

Il y a toujours mille occasions qui se présente quotidiennement devant nous pour rendre service et nous n’en profitons pas pour être grand devant le Seigneur.

Abbé Hugues Mbatizoma

 

 

 

 

23e dimanche dans l’année B – 4 septembre 2021

Aujourd’hui, trois textes nous sont proposés qui convergent vers un enseignement essentiel. Isaie nous parle des signes auxquels on pourra reconnaître le Messie. St Jacques nous fait honte en nous montrant comment nous traitons les pauvres. St Marc lui, nous raconte un miracle de jésus.

Essayons maintenant de voir le lien qui unit ces trois textes.

Commençons par la lettre de St Jacques.

Une courte évocation nous met en face d’une vérité en laquelle nous n’aurons pas grand mal à nous reconnaître.

N’est-il pas vrai que nous sommes sensibles aux signes extérieurs lorsque nous traitons avec les gens ? Dès que quelqu’un est paré de quelque élément de richesse, argent, culture et savoir, autorité, aussitôt, cela déclenche en nous de réflexes de respect, de timidité, voire obséquiosités. Ces personnes-là font attention à nous, cela nous honore, pour le moins cela nous intéresse. St Jacques nous réveille en nous montrant combien il nous est facile de juger les gens sur accessoire. Il nous redit comment Dieu, lorsqu’il vint chez les hommes, choisit d’abord les pauvres. Bergers à la crèche, pêcheurs du bord du lac, voilà les premiers invités à venir à suite.

L’intention de Jacques n’est pas de faire un prône sur la charité. Il ne parle pas aumône. Sa seule intention est de nous montrer où est la dignité, la grandeur de l’homme. Voilà pourquoi la liturgie nous fait entendre le passage d’Isaïe.

Pour le prophète, le pauvre indique à tous ce que Dieu cherche à éveiller en l’homme. Notre véritable richesse n’est pas de l’ordre des biens de la terre, si noble soient-ils. Notre grandeur est dans le fait que Dieu nous appelle à lui ressembler. Notre vraie richesse consiste à écouter cet appel et à y répondre. Ecouter Dieu et répondre à sa parole, cela s’appelle la foi.

Or, n’est-il pas vrai que les richesses, le plus souvent, nous encombrent, nous enlèvent toute disponibilité à autre chose qu’au souci de les conserver et de les accroître ? Le pauvre est plus libre, plus disponible, plus accueillant.

Pour autant, l’évangile ne fait pas l’apologie de la pauvreté. Tout au contraire la Bible est une immense lutte contre toutes les formes de pauvreté. La pauvreté demeure un malheur dont il faut délivrer l’homme. Le signe auquel on reconnaît le Messie, l’Envoyé de Dieu c’est bien que les pauvres sont comblés. La pauvreté est le signe de l’homme déchu qu’il faut à tout prix relever. Le but de Dieu envoyant son Messie est de bien délivrer l’homme de toute pauvreté. Mais il ne le fera pas n’importe comment. Il est des richesses qui, au lieu de nous guérir, ne réussissent qu’à nous anesthésier sur nos pauvretés véritables.

Le texte de St Marc lui, nous éclaire sur ce sujet. Où est notre véritable pauvreté ?

Dans infirmité qui frappe notre écoute et notre parole. Nous sommes sourds, nous sommes muets. Incapables d’entendre la seule parole capable de nous enrichir, nous demeurons Incapables de dire, à notre tour, la vraie parole qui peut servir nos frères et les libérer. La vraie parole n’est pas celle qui vient de nous. La véritable parole doit, d’abord, être écoutée car elle vient d’un autre, elle vient de Dieu. Seul le Vivant peut dire la vie.

C’est, sans doute, le sens des miracles de jésus. Ils ne sont pas racontés dans l’évangile pour nous émerveiller. Ils sont rapportés afin que nous comprenions où est la source de toute parole vraie. Elle est en Jésus, parole éternelle de Dieu.

Cette parole divine, cette richesse, ne peut être reçue que par ceux qui la désirent fortement. Le sourd-muet de l’évangile comme tout infirme, comme tout malade, porte en lui le désir incoercible de guérir. Cette attente, en creux et en souffrance, peut recevoir la parole de jésus. Son désir était déjà en attente, en coïncidence avec le désir de Dieu. Le drame de nos richesses de la terre, c’est bien de colmater toutes les brèches de notre désir, d’engluer ce désir à des niveaux superficiels, d’éteindre en nous tout autre désir de profondeur, tout désir de Dieu.

Seigneur, rends-nous pauvres, rends-nous attentifs à ton désir de nous sauver. Tu es le seul à pouvoir combler le véritable désir de l’homme.

Abbé Jeannot-Basile.

Assomption de la Vierge Marie – Dimanche 15 août 2021

L’humble servante élevée au ciel par Dieu

Dans le Magnificat, lorsque Marie parle d’elle-même, elle se dit être « l’humble servante » du Seigneur. Elle est celle qui, dans la foi, la joie et l’espérance, chante les bienfaits de Dieu.

En ayant à l’esprit ce titre de Marie, célébrer la fête de l’Assomption de la Vierge, c’est nous rappeler que Dieu s’était penché sur Marie, « son humble servante » pour réaliser en elle et par elle la grande merveille de notre salut.

Marie nous est ainsi donnée comme le modèle de notre foi et de notre collaboration au Règne de Dieu.

1. Marie, l’humble servante

Dans la première partie de l’évangile de ce dimanche, nous avons entendu Elisabeth reconnaît en Marie la femme « bénie entre toutes les femmes », « celle qui a cru » et comme la « bienheureuse ». C’est aussi cela que nous redisons dans la prière du « Je vous salue Marie ». Nous la reconnaissons comme la « Mère de Dieu ». Et tout particulièrement, aujourd’hui, nous la vénérons comme la femme couronnée de gloire.

Mais, Marie, elle-même, se voit et se définit comme « l’humble servante ». Elle veut nous dire que tout ce qu’elle est et tout ce qui s’est passé en elle et avec elle, c’est l’action de Dieu. C’est avec cette humilité que Marie a accepté d’être la « Mère du Fils » de Dieu. C’est avec cette même humilité qu’elle a accompagné les pas de son Fils pendant son enfance et son adolescence. Elle est celle qui est restée presque dans l’ombre lorsque son Fils s’est révélé au monde durant sa vie publique. Elle est une mère souffrante, comme n’importe quelle autre mère affligée, qui se tient tout simplement au pieds de la croix de Jésus.

Sa mission est celle de servir les autres en étant une présence réconfortante de Dieu donnée au monde. En rendant visite à sa cousine Elisabeth, Marie qui porte en elle le Fils du Dieu éternel, est comme un « tabernacle » qui irradie de joie tous ceux qu’elle approche. Elle vient aider et servir sa parente. Elle apporte ainsi la joie à toute la famille de Zacharie. Par son Fils Jésus, c’est ce même bonheur qu’elle a humblement apporté à tout l’univers.

2. Marie et la réalisation de notre salut

Dans la foi, pleine de joie et d’espérance, Marie chante les merveilles accomplies par Dieu pour nous. Dans le Magnificat, Marie reconnaît que ce qui s’accomplit en elle, c’est la réalisation du salut de Dieu pour tous les hommes. Son chant est un acte de foi parce qu’avant même que cela soit réalisé par la mort et la résurrection de son Fils, elle le contemple dans l’espérance. C’est comme si elle nous invitait nous aussi à croire d’abord aux promesses de Dieu et à les considérer ensuite comme déjà réalisées dans l’espérance.

Par Jésus Christ, son Fils et le Fils du Père éternel, le pouvoir de nuisance du mal est définitivement anéanti. Si nous avons souvent l’impression que le mal, personnifié par l’image terrifiante du dragon, semble triompher, sachons que par Jésus Christ le pouvoir du mal et de la mort est déjà vaincu. C’est dans ce sens que Saint Paul nous rappelle que par la résurrection du Christ, nous ne sommes plus prisonniers de la mort. Car, nous rejoindrons tous et chacun, selon notre rang, la vie éternelle dans la Maison de Dieu.

Dieu réalise la promesse faite au peuple d’Israël de sauver tous les hommes. Dans le dernier verset du Magnificat, Marie affirme que Dieu « se souvient de son amour, de sa promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à jamais ». Avec Marie, gardons toujours l’espérance que Dieu réalise immanquablement ses promesses. Alors, comme Marie, proclamons également aujourd’hui à nos frères et sœurs la réalisation de notre salut.

3. Marie, modèle de foi et de collaboration au Règne de Dieu

Avec Marie et comme elle, soyons habités par la présence de Dieu. Marie est celle que le Père lui-même a approchée en lui demandant d’être la mère de son Fils. Elle est celle qui a été couverte par l’ombre de l’Esprit Saint. Elle est celle qui a porté Jésus Christ dans son sein. Elle a collaboré à la réalisation du projet d’amour de Dieu.

Nous aussi, par notre baptême, nous avons été marqués du sceau de la Trinité pour que nous en soyons témoins. Comme nous le demande Jésus : « c’est par l’amour que vous aurez les uns envers les autres que le monde saura que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 35). Soyons cette présence de l’amour de Dieu auprès de nos frères de telle manière que, quand nous approchons d’eux, ils ressentent le besoin d’aller eux-mêmes à la rencontre de Dieu.

Avec Marie et comme elle, participons à la lutte contre le pouvoir du mal. D’abord en accueillant nous-mêmes la miséricorde de Dieu dans nos vies et en étant les agents de réconciliation dans nos milieux de vie et de travail. Ensuite, en nous engageant pour lutter contre toutes les structures du mal qui avilissent l’homme au niveau individuel, social et politique. Enfin, en dénonçant tout ce  qui  bafoue la dignité humaine.

Avec Marie et comme elle, collaborons au Règne de Dieu en donnant de la joie aux autres et en nous mettant à leur service. La visite de Marie à Elisabeth et Zacharie a rendu ces derniers très heureux. Pensons, nous aussi à donner un simple coup de fil pour prendre des nouvelles de nos proches et de nos amis. Soyons attentifs aux besoins de ceux que nous côtoyons afin de leur venir en aide selon nos moyens. Soyons inventifs pour trouver les bonnes actions qui rendront service à nos frères et sœurs.

*

Marie est l’humble servante de Dieu qui a servi à la réalisation du salut de notre humanité. Demandons au Père de nous remplir aussi de son Esprit Saint afin que nous soyons dans le monde une présence vivante de Dieu qui apporte à nos frères et sœurs la joie et l’espérance du salut. Par l’intercession de Marie élevée au ciel, demandons à Dieu de faire de nous de vrais collaborateurs de son Règne sur la terre.

Abbé Étienne Kaobo Sumaidi
Gembloux, le 15 août 2021

19eme dimanche dans l’année B – 8 août 2021

Jésus Christ, Pain de vie pour la route

La première lecture de ce dimanche nous parle du prophète Elie qui, persécuté par le reine Jézabel, fuyait en se dirigeant vers la montagne du Seigneur. Sur la route, fatigué et désespéré, il dort. C’est alors qu’il bénéficie d’une intervention divine. À trois reprises, un ange le réveille et lui présente la nourriture pour qu’il mange.

Pour le Prophète, cette nourriture est un soutien opportun dans l’épreuve qu’il traverse. Elle le réconforte afin qu’il garde dans son cœur l’espérance. Ce repas le fortifie de telle manière qu’il a trouvé le courage de poursuivre sa route jusqu’au Mont Horeb, sa destination.

En lien avec l’évangile du « Pain de vie descendu du ciel », cette expérience du prophète Elie nous permet d’enrichir notre compréhension du mystère de l’Eucharistie. Jésus Christ est le Pain de vie qui nous donne la force de porter en nous la vie et de supporter toutes les épreuves. Il nous aide à garder l’espérance en toutes circonstances. Le Pain eucharistique est également le « Pain pour la route » afin de soutenir notre marche jusque dans la Maison du Père éternel.

1. Jésus Christ, Pain de vie

Dans la dernière partie de l’Évangile que nous avons lu, Jésus se présente comme le Pain vivant ou le « Pain de vie » parce qu’il est celui qui vient du Père, comme source de tout être et toute vie. Il est celui par qui tout a été créé (Jn 1, 3). C’est en lui que Dieu communique la vie dès notre naissance. Jésus est celui qui alimente la vie en toute créature comme un don du ciel.

Jésus est le « Pain de vie » parce que, par sa chair livrée pour nous, il nous a sauvé de la mort éternelle. Il nous redonne la vie que le péché et la mort voulaient ravir à notre humanité. Lorsque nous communion à son corps et à son sang, il vient habiter en nous et renouvelle en nous la vie de l’Esprit.

Jésus est le « Pain de vie » parce qu’il nous ouvre l’accès à la vie éternelle. Avec lui, nous sommes appelés à vivre éternellement. En communiant à son corps et à son sang, le Christ nous donne déjà, ici  et maintenant, le gage d’une vie sans fin dont nous jouirons au ciel.

C’est la vie dans toutes ses dimensions que Jésus-Christ comme Pain de vie nous partage et nous garantit.

2. Jésus Christ, Pain pour la route vers la Maison du Père

L’ange avait dit au prophète Elie de manger car le chemin qui lui restait à faire était encore long. Effectivement, après avoir mangé, cette nourriture l’a fortifié. Il a ainsi pu marcher pendant quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne du Seigneur, le Mont Horeb.

Le propre d’une nourriture est de nous procurer la force de vivre, de travailler et de marcher. Cela me fait penser à la multiplication des pains dans l’évangile de Saint Mathieu. Jésus qui avait prêché trois jours durant, appelle ses disciples à part et leur dit : « j’ai pitié de cette foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi; et ils n’ont pas de quoi manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun : ils pourraient défaillir un chemin » (Mt, 15, 32).

L´Eucharistie est l’expression de cette compassion et de cette volonté de Jésus de nous donner la nourriture en abondance pour soutenir notre marche vers le ciel. C’est pourquoi, l’Eucharistie, qui est célébrée chaque jour et chaque dimanche, est ce repas qui nous fortifie dans notre marche à la suite du Christ.

Comme chrétiens, retenons que nous avons vraiment besoin de refaire régulièrement nos forces pour avancer courageusement vers la Maison du Père.

3. Le Pain de vie qui donne la force dans les épreuves

Le prophète Elie était persécuté par la reine Jézabel et il s’était enfui pour aller se réfugier à la montagne du Seigneur.

Nous pourrons également rencontrer des difficultés et des peines dans notre vie personnelle, dans notre vie familiale, ou dans notre vie professionnelle. Nos épreuves peuvent être grandes ou petites. Nous pouvons nous-mêmes porter et supporter certaines. Mais d’autres sont plus pesantes au point qu’elles nous ralentissent dans notre marche vers Dieu ou qu’elles nous clouent sur le sol au bord du chemin.

C’est là que Jésus vient nous dire et nous rappeler : « venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ; et moi je vous donnerai le repos. » (Mt 11, 28). C’est-à-dire que, quand nous venons à la messe, apportons aussi avec nous nos peines et tous nos fardeaux pour les offrir avec le pain et le vin que le prêtre présente à Dieu notre Père. Alors lorsque nous allons prendre l’hostie, c’est le Christ lui-même qui viendra nous soulager de toutes nos misères. Il vient nous redonner la force et le courage.

4. Le Pain de vie qui soutient notre espérance

Le prophète Elie n’en pouvait plus au point de demander à Dieu la mort : « Maintenant, Seigneur, s’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que nos pères » (1R 19, 4).

Comme Elie, nous pouvons être confrontés à plusieurs difficultés dans notre vie. Nous pouvons également perdre la confiance en nous-mêmes et en nos capacités. Et, en regardant vers l’avenir, nous pouvons aussi désespérer de nous-mêmes, des autres et du monde.

Si nous nous retrouvons un jour dans une situation désespérante, venons à la messe pour puiser dans l’Eucharistie l’espérance d’une nouvelle terre et d’un ciel nouveau. Car le « Pain de vie » que nous y recevons, nous rappelle la victoire sur la mort que le sacrifice de Jésus nous a obtenue. Nous y célébrons, ici et maintenant, la résurrection de Jésus-Christ et la garantie de la nôtre. Et, en tout cela, nous gardons ferme la certitude, qu’avec Dieu avec nous et en nous, notre avenir est assuré.

Ainsi, recevoir le Pain de vie, c’est inscrire notre vie dans une histoire du monde où c’est Dieu qui a le dernier mot.

5. Le Pain de vie qui nous fait vivre sous l’emprise de l’Esprit Saint

Comme Jésus l’avait dit jadis aux Juifs, il nous le redit aussi aujourd’hui : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6, 51). C’est-à-dire qu’il aura déjà en lui la vie même de Dieu.

C’est au jour de notre baptême que chacun de nous, marqué du sceau de l’Esprit Saint, a reçu cette vie de Dieu pour vivre dans l’amour.

Et, pour vivre dans l’amour du Christ, Saint Paul nous encourage à éliminer de notre vie la tristesse, la colère, les insultes et toutes sorte de méchanceté. Il nous recommande à être tendres, généreux et miséricordieux envers les autres. Ainsi, lorsque nous communions au corps et au sang de Jésus, nous serons remplis de la force de l’Esprit Saint pour imiter en toutes choses l’amour du Christ.

*

Chers frères et sœurs, ce dimanche, nous pouvons retenir que, dans chaque Eucharistie que nous recevons, c’est Jésus Christ lui-même comme « Pain de vie descendu du ciel » qui vient nous remplir de la vie. Demandons au Père la grâce de le recevoir comme le « Pain pour la route ». Durant notre pèlerinage sur la terre, il nous donnera la force dans les épreuves. Il soutiendra notre espérance et nous aidera à le suivre fidèlement sur le chemin de l’amour et du service.

 

Abbé Étienne Kaobo Sumaidi
Gembloux, le 08 août 2021.

18ème dimanche dans l’année B – 1er août 2021

L’importance de la nourriture spirituelle

Jésus a interpellé ceux qui le cherchaient après la multiplication des pains en leur demandant de ne pas travailler uniquement pour la nourriture qui se perd. Mais de travailler aussi et surtout pour la nourriture qui se garde pour la vie éternelle.

Notre Seigneur Jésus Christ nous invite ainsi à ne pas nous préoccuper seulement de manger pour nourrir notre corps, mais également de rechercher à nous nourrir spirituellement.

En effet, manger pour nourrir notre corps est un des besoins élémentaires et fondamentaux pour notre vie. Car, pour notre santé et pour notre seine croissance corporelle, nous devons manger chaque jour et plusieurs fois par jour. Et pour cela, nous avons mille et une recettes et des menus diversifiés et pour mieux profiter de la vie sur la terre.

Avec cet évangile, Jésus nous interroge au sujet de notre santé spirituelle. Est-ce que nous nous alimentons suffisamment au niveau spirituel ? Si nous avons une sous-alimentation spirituelle, comment pourrions-nous être en bonne santé spirituelle et mieux grandir dans la foi ?

C’est pourquoi, je voudrais vous entretenir à propos de l’importance de la nourriture spirituelle. Voir d’abord avec quoi nous devrons nous alimenter spirituellement, ensuite découvrir comment mieux nous nourrir et ensuite pourquoi il est urgent et vital de nourrir notre âme.

1. La nourriture spirituelle

Pour répondre à la question de quoi devrions-nous nous nourrir spirituellement, à la fin de ce chapitre six de l’évangile de Jean au verset 51, Jesus nous dit : « Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde » (Jn 6, 51).

Pour nous chrétiens, le Corps et le sang du Christ constituent l’essentiel de notre nourriture spirituelle. A chaque Eucharistie, lorsque nous entendons Jésus nous dire: « ceci est mon corps, prenez et mangez », « ceci est mon sang, prenez et buvez », le Christ se donne à nous comme la nourriture parfaite qui nous unit à lui et qui nous met en communion avec le Père et l’Esprit.

La Parole de Dieu est aussi un aliment important et indispensable pour notre vie spirituelle. La Parole de Dieu est comme le lait qui nourrit les petits enfants ou comme la nourriture solide destinée aux adultes (He 5, 12-14). Écouter et méditer quotidiennement la Parole de Dieu nourrit notre foi. Nous découvrons dans les Saintes Écritures ce que Dieu a fait pour nous sauver et comment il veut notre bonheur. La connaissance de sa volonté et de ses commandements va nous éclairer sur le sens de notre vie sur la terre et la direction à donner à notre existence.

Nous nourrir également de la présence de Dieu. Déjà notre prière journalière et personnelle nous ouvre à la présence de Dieu. Notre prière alimente notre relation avec Dieu. Jésus ne nous dit-il pas : « celui qui demeure en moi en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits » ? (Jn 15, 5). La prière et l’adoration eucharistique nourrissent ainsi en nous la présence vivifiante de Dieu.

2. Comment nous nourrir spirituellement ?

Si le pain eucharistique et la Parole de Dieu sont de bons aliments pour nourrir notre foi, notre amour et notre espérance, de quelle manière devrions-nous nous alimenter ?

Pour notre corps, nous avons besoin d’une nourriture quotidienne et plusieurs fois par jour. Ne devrions-nous pas prendre ce même rythme pour notre alimentation spirituelle ? Une prière du matin et du soir où nous parlons à Dieu et où laissons Dieu nous parler. En donnant chaque fois une place importante à la Parole de Dieu, nos choix et nos actions de la journée prendront en Dieu leurs forces et nous serons bien motivés pour avancer dans la vie.

Comme pour notre corps, prenons le temps de nous ressourcer. Une retraite spirituelle de plusieurs jours, une récollection d’un jour ou un simple temps de silence de quelques heures nous permettront de nous arrêter pour voir où est-ce que nous en sommes avec nous-mêmes, avec les autres et avec Dieu. Ce temps régulier de ressourcement spirituel est un bon moyen pour nous améliorer progressivement dans relation avec Dieu et pour nous réajuster constamment à notre vocation humaine d’être un jour et pour toujours avec Dieu.

Pour mieux nourrir notre foi, nous pouvons nous fier à l’enseignement de l’Eglise. Dans tous les aspects de notre vie humaine, la doctrine chrétienne nous fournit des éléments qui peuvent nous aider à évoluer dans notre vie d’enfants de Dieu. Si nous sommes intéressés à mieux comprendre le contenu de notre foi, il y a par exemple le Catéchisme de l’Eglise Catholique, des livres des théologiens ou des témoignages des croyants d’hier et d’aujourd’hui. Pour des questions éthiques, nous avons aussi énormément d’écrits que nous pouvons trouver en librairie.

3. Les bienfaits d’une alimentation spirituelle

En tous cas, il y a beaucoup d’avantage à nourrir et à entretenir notre vie spirituelle. Je vais en citer trois.

D’abord une bonne alimentation spirituelle nous aide à être en bonne santé. Nous avons besoin d’une bonne santé spirituelle pour faire face à toutes les intempéries de la vie. Quel que soit ce qui nous arrive, nous aurons suffisamment d’anticorps pour faire face. Dans le combat spirituel que nous sommes appelés à mener contre les mauvaises habitudes et les forces du mal, la Parole de Dieu et la communion à Dieu dans l’Eucharistie nous aideront à remporter la victoire.

Ensuite, comme les repas que nous prenons tous les jours alimentent notre croissance corporelle, de même l’Eucharistie, la lecture de la Parole de Dieu et la prière accompagnent notre croissance spirituelle. C’est dans ce sens que les Évêques de Belgique nous exhortaient à devenir adultes dans la foi. Que chacun de nous, dès la plus tendre enfance, puisse arriver à rencontrer personnellement Dieu en Jésus Christ et à se sentir membre à part entière de l’Eglise.

Enfin, quand nous mangeons, non seulement nous aimons savourer les bons mets, mais également rassasier notre ventre. Le but final de notre alimentation spirituelle est nous soyons comblés définitivement par Dieu qui veut notre bonheur. C’est en Dieu que nous trouverons notre accomplissement total. Cela vaut vraiment la peine !

*

En interpellant la foule qui le cherchait, Jésus nous enseigne que nous ne devrons pas nous contenter uniquement de la nourriture corporelle. Il nous recommande aussi à penser nourrir notre vie spirituelle afin que nous puissions rechercher à être des saints, à mener le combat contre le mal et surtout avoir accès à la vie éternelle. Demandons-lui la grâce de travailler chaque jour pour atteindre le salut qu’il nous a promis.

Abbé Étienne Kaobo Sumaidi,
Gembloux, le 01 août 2021

16eme dimanche dans l’année B – 18 juillet 2021

Dieu veut de bons pasteurs pour son peuple

L’évangile de ce dimanche se termine en nous racontant qu’en voyant la foule de gens qui le cherchaient, Jésus « eut pitié d’eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ». Il exprime, de cette façon, son intention et le besoin de l’Eglise d’avoir en permanence des pasteurs selon son cœur.

Hier comme aujourd’hui, les hommes et des femmes ont besoin de bons pasteurs qui sachent les rassembler en un seul peuple, qui puissent les conduire vers leur épanouissement humain et spirituel, et qui puissent également les y guider progressivement étape par étape.

Or, nous constatons dans la vie de l’Eglise d’aujourd’hui quelques difficultés. Le nombre de prêtres dans l’Eglise en Europe occidental diminue gravement. Et le peu de prêtres qui restent ont des responsabilités de plus en plus étendues et lourdes au point que certains parmi eux ont de la peine à trouver le temps pour se reposer et subissent l’épuisement professionnel. Avec tout cela, sans oublier le problème d’abus sexuels commis par les ministres ordonnés sur les mineurs ou sur les personnes qui étaient en position de faiblesse.

N’est-ce pas pour cela que Jésus demandait à ses disciples par le passé et demande aussi aujourd’hui à toute l’Eglise de prier Dieu afin qu’il suscite dans notre monde beaucoup de bons et saints pasteurs selon son cœur ?

C’est pourquoi, il est important qu’il y ait des hommes et des femmes, issus du peuple de Dieu étendu sur toute la terre, qui acceptent, d’abord eux-mêmes, de suivre les pas du Christ Bon Pasteur par excellence, et qu’avec lui et en lui, qu’ils soient capables de rassembler le peuple de Dieu, de le conduire et de le guider soigneusement.

1. De bons pasteurs qui rassemblent

Nous avons entendu dans la lecture du livre du prophète Jérémie que Dieu était mécontent des pasteurs qui étaient à la tête de son peuple parce qu’au lieu de le rassembler, ils l’ont dispersé et l’ont abandonné à la mort. Dans ce sens, au lieu d’assurer le peuple, il l’effrayait. C’est pourquoi Dieu lui-même a suscité des pasteurs capables d’exercer le droit et la justice, de conduire et de protéger son peuple.

Et dans la deuxième lecture, Saint Paul nous montre que c’est Jésus Christ qui est le Bon Pasteur par excellence. Par sa mort sur la croix et par sa résurrection le troisième jour, il a supprimé la haine qui séparait les différents peuples. Il les a réconciliés en faisant d’eux le seul et unique peuple de Dieu.

C’est la première qualité de bons pasteurs que Jésus Christ veut encore aujourd’hui dans son Eglise. Qu’ils sachent être les agents de paix et d’unité. Qu’ils soient guidés par l’Esprit Saint afin qu’ils gardent toujours « l’Eglise au milieu du village ». Et il est recommandé à l’ensemble du peuple de Dieu, d’accepter les prêtres qui leur sont donnés et de collaborer avec eux au rassemblement des familles, des jeunes et d’une communauté paroissiale dynamique. C’est dans ce sens que nous pouvons vraiment « être et faire Eglise ».

2. De bons pasteurs qui conduisent les hommes vers Dieu

C’est parce que le peuple de Dieu sera rassemblé comme une communauté unie et en communion, que ses pasteurs peuvent le conduire.

Nous pouvons relever à travers le psaume 22 des images qui montrent que c’est Dieu lui-même qui est le Bon Berger qui conduit son peuple. Il le conduit « par le juste chemin ». Même si ce chemin traverse « les ravins de la mort », avec son bâton de Bon Pasteur, Dieu rassure son peuple. En emmenant ses brebis sur ce chemin, il les conduit « vers les eaux tranquilles ». Dieu s’assure également que son troupeau « ne manque de rien ».

Les bons pasteurs, que nous demandons à Dieu, sont appelés à conduire les communautés sur ce chemin qui ouvre l’accès à Dieu. Le ministère du prêtre, ou toute la communauté chrétienne par l’annonce de la Parole de Dieu, devrait orienter chaque membre du Peuple de Dieu à  rencontrer personnellement Dieu le Père dans sa vie. Et sans se limiter à la vie de ce monde, le pasteur a le devoir de diriger ses frères et sœurs vers Dieu comme le but final de la vie humaine.

Si nos bons pasteurs nous entraînent à rencontrer Dieu, ici et maintenant, et à nous préparer à le voir un jour face à face, c’est pour nous faire comprendre que notre épanouissement humain ne se limite pas uniquement aux joies que nous pouvons avoir sur la terre, mais aussi et surtout au bonheur éternel pour lequel Dieu nous a créé. C’est en cela que nos pasteurs sont aussi nos guides.

3. De bons pasteurs qui soient des guides

Je reviens encore au psaume 22 qui nous dit: « Si je travers les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:  ton bâton me guide et me rassure ». Nous comprenons par là, que nos pasteurs doivent être nos guides sur le chemin qui conduit vers Dieu. Il faut qu’ils soient les leaders éclairés de nos communautés. Ainsi, nous ne pourrons pas nous égarer ou tomber dans le mal.

Même si nos communautés sont appelées à être « adultes dans la foi », cela n’exclut pas qu’elles se fassent aussi accompagner progressivement. Il s’agira d’abord d’accueillir le prêtre qui nous est envoyé comme celui qui vient guider au nom de Jésus notre communauté et laissons-nous effectivement guider par lui. Ensuite, dans la mesure du possible, trouvons un prêtre qui soit notre accompagnateur spirituel pour nous aider à progresser sur le chemin de la foi et de la charité. Enfin, acceptons les conseils qu’il peut nous donner.

En priant pour que nos prêtres soient de bons et saints pasteurs, ils correspondront mieux à ces guides que Dieu veut pour nous. Par eux, Jésus Christ sera présent parmi nous dans l’Eucharistie. En s’identifiant par la sainteté de leur vie au Christ, ils nous communiqueront en son nom le pardon de nos péchés. Et de cette façon, pas à pas ou chute après chute, nous avancerons vers le bonheur que Dieu nous réserve.

*

Pour que toutes les nations de la terre soient rassemblées comme un seul peuple, Jésus Christ nous invite aujourd’hui à prier pour que son Père suscite parmi les hommes de bons pasteurs qui conduiront ce peuple vers le ciel comme la destination heureuse et finale de notre existence. Prions et disposons-nous à nous laisser conduire vers cet idéal et à nous laisser humblement guider pas à pas.

Abbé Étienne Kaobo Sumaidi
Cannetto, le 18 juillet 2021

15e dimanche dans l’année B – 11 juillet 2021

Envoyés par le Christ pour proclamer la conversion à tous les hommes

Nous avons entendu Saint Paul nous rappeler dans la deuxième lecture : Dieu le Père « nous a choisis dans le Christ depuis la fondation du monde, pour que nous soyons saints… »

C’est-à-dire que, c’est parce que les hommes ont la vocation d’être des saints et de partager un jour et pour toujours la vie de Dieu, que Jésus Christ appelle et envoie ses disciples en mission afin d’aider les femmes et les hommes à se détourner du mal et à se tourner vers Dieu.

C’était la mission qu’il avait donnée aux Douze Apôtres par le passé. C’est la mission qu’il confie aussi aux chrétiens d’aujourd’hui.

1. La mission, une initiative du Christ

Nous lisons dans l’évangile de ce jour que c’est Jésus qui appelle et envoie ses disciples en mission. Cela veut dire que l’initiative de la mission vient de lui. Hier comme aujourd’hui, c’est lui qui embauche les hommes de tous les temps et de partout. Nous pouvons nous référer à l’épisode des ouvriers de la dernière heure. Le maître sort à l’aube, à midi, dans l’après-midi et en soirée pour appeler des ouvriers à aller travailler dans sa vigne.

Ainsi, lorsque nous avons ou nous aurons répondu à l’appel de Jésus et que nous serons engagés pour aller travailler dans la « vigne du Seigneur », nous devrons nous souvenir, en permanence, que ce n’est pas en notre nom personnel ni par notre initiative privée que nous travaillons à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Nous sommes des envoyés. C’est pourquoi nous devrions régulièrement nous référer à lui et lui demander ce qu’il veut que nous fassions !

2. Les Apôtres investis d’un pouvoir céleste

Pour mener à bien cette mission, les évangiles nous rapportent que Jésus a donné à ses disciples le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir les malades et les infirmes.

Les Douze Apôtres ont, de fait, guéri les malades. Ils ont relevé les infirmes et expulsé les démons qui détenaient certaines personnes prisonnières. Aujourd’hui, aussi, il y a quelques chrétiens parmi nous qui ont ces charismes particuliers.

Même si nous autres, qui formons la grande partie de l’Eglise, nous n’avons pas ce don spécifique, que nous n’allons pas nous dérober de ce pouvoir de lutter contre le mal dont le Christ a doté toute son Église. Nous ne nous confrontons peut-être pas, au quotidien, aux démons et aux possessions diaboliques comme décrites dans les évangiles. Mais chaque jour, nous sommes confrontés aux forces du mal. Nous sommes témoins de la présence des esprits mauvais qui veulent installer et imposer le règne du mal, du mensonge, de la dépravation des mœurs, de l’injustice, de la discrimination, etc.

Comme missionnaires de la Bonne Nouvelle du salut, nous avons le pouvoir et le devoir de lutter contre toutes les personnes, les structures et les idéologies qui créent la confusion morale et qui pervertissent le monde au nom d’une prétendue liberté.

3. Invitation à collaborer

C’est pourquoi, Jésus n’envoie pas individuellement ses disciples. Il les envoie deux par deux. C’est-à-dire en équipe. C’est là une invitation à collaborer ensemble à la mission que le Christ confie à toute l’Eglise.

« A deux » pour que nous puissions nous soutenir et nous encourager mutuellement. « A deux » pour que nous puissions réfléchir et programmer ensemble une vision et une action pastorales qui répondent mieux aux défis de notre environnement local et ecclésial. « A deux » pour que chacun avec ses talents particuliers, nous puissions mettre ensemble tous nos atouts au profit de la mission.

« A deux » comme signe de l’unité et de la communion dans la mission. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas aller annoncer au monde la Bonne Nouvelle avec des voix discordantes. Comme nous le voyons aujourd’hui, les désaccords et les conflits idéologiques entre les chrétiens et au sein de l’Eglise sont un discrédit à l’annonce de l’Evangile. Nous devrions privilégier l’unité et la communion pour mieux exercer la mission que le Christ nous a donnée.

4. Totalement disponibles pour la mission

Pour mieux exercer leur mission, Jésus donne à ses disciples quelques recommandations. Il demande aux Apôtres de ne pas s’encombrer de biens matériels et de ne pas s’attarder à certains endroits sur le chemin. La mission exige une disponibilité totale de la part des Apôtres d’hier comme des chrétiens d’aujourd’hui. L’annonce de la Parole de Dieu devra être notre première priorité.

Il s’agit d’abord d’une disponibilité spirituelle. Pensons à ce que Jésus avait dit à ses disciples : « celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). A nous que Jésus appelle à la mission d’étendre son Evangile, nous sommes appelés à renoncer à nos choix personnels pour nous dédier entièrement à la cause de l’Evangile.

Il s’agit ensuite d’une liberté par rapport à nos relations humaines. Rappelons-nous ces paroles de Jésus : « celui qui ne renonce pas à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs (…) ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 26). Ça veux dire qu’il ne faudrait pas que nos liens familiaux et amicaux soient un frein à l’annonce de l’Evangile.

Il s’agit enfin de ne pas nous encombrer des biens matériels. Il ne faudrait pas que les préoccupations matérielles de toutes sortes nous empêchent de mettre l’annonce de l’Evangile comme la première priorité. Il ne faudrait pas, non plus, que l’attachement à notre culture actuelle nous pousse à interpréter l’Evangile de manière partisane au point de tordre la vérité de l’Evangile.

5. Annoncer la proximité du Règne de Dieu et la conversion

Le message que Jésus demande à ses disciples d’annoncer est très clair. Il leur demande d’annoncer la proximité du Règne de Dieu et la conversion.

Même si Saint Marc ne nous le dit pas explicitement dans l’évangile de ce jour, la proximité du Règne de Dieu constitue le contenu principal du message que les Apôtres de Jésus doivent annoncer. Dire que le Règne de Dieu est proche, c’est reconnaître qu’avec Jésus Christ, mort et ressuscité, Dieu règne et que la puissance de son amour triomphe et triomphera du mal et de la mort. C’est montrer que l’amour de Dieu a le dernier mot sur l’histoire de notre monde. C’est reconnaître et faire reconnaître qu’avec Jésus Christ, notre monde, enfin libéré du mal, a un joyeux avenir avec Dieu.

C’est pourquoi, nous avons la mission d’inviter tous les hommes et les femmes à se convertir. Cela suppose que nous admettions que, même si le monde est beau et merveilleux, il y a la présence du mal et que nous sommes capables aussi bien du bien que du mal. Alors face à la volonté de Dieu exprimée dans la Bible, nous sommes appelés à dénoncer tout ce qui ne contribue pas à construire l’homme dans sa dignité de fils de Dieu.

Par notre mission de chrétiens comme disciples du Christ, nous sommes appelés à inviter nos contemporains à se détourner du mal. Nous avons le devoir de les inviter à se tourner vers Dieu et à s’ajuster à sa volonté. Nous devrons les inviter à aimer comme le Christ et à se mettre sa suite. Car, c’est en nous engageant sur ce chemin que nous pouvons espérer partager un jour et pour toujours la vie de Dieu.

*

Comme aux disciples d’autrefois, Jésus nous appelle aussi aujourd’hui et nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle du salut à nos frères et sœurs. Demandons au Père la grâce et l’assistance de l’Esprit Saint afin qu’en unité et en communion avec toute l’Eglise, nous nous engageons à aider nos frères et sœurs à prendre ou à reprendre le chemin qui les conduira directement à la joie d’être saints et heureux sur la terre et dans la Maison du Père éternel.

Abbé Étienne Kaobo Sumaidi
Cannetto, le 11 juillet 2021.

 

14e dimanche dans l’année B – 4 juillet 2021

Difficultés de la mission du prophète

(Mc 6, 1-6)

Jésus revient dans son pays. Malgré un enseignement de qualité dispensé à la synagogue et l’écho des miracles qu’il a accomplis dans d’autres villes, ses compatriotes ne veulent voir en lui que le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon et celui dont les sœurs sont mariées dans le coin. Jésus est étonné mais respecte-leur manque de foi.

C’est une déception pour Jésus de constater qu’un prophète n’est méprisé que dans sa parenté et son propre pays. Mais, ce n’est pas pour cela qu’il s’arrête. On le voit continuer son chemin et sa mission en enseignant et en guérissant les malades sans se décourager.

Il arrive ou il nous arrivera de rencontrer des difficultés dans notre mission de disciples du Christ. Des peines et des difficultés peuvent venir de nos proches et même de nos propres limitations. Mais, comme Jésus et avec lui, continuons notre mission avec courage et persévérance.

Seigneur, tu connais tout sur nous et tu sais combien nos limites et mêmes nos péchés personnels peuvent nuire à notre mission d’annoncer ta Bonne Nouvelle à temps et à contretemps; augmente en nous la foi et donne-nous un cœur humble pour que nous puissions compter sans cesse sur ta grâce et que ton Esprit Saint nous assiste et nous encourage dans l’annonce et la propagation de ton Règne d’amour dans le monde.

Abbé Étienne Kaobo Sumaïdi
Rome, le 4 juillet 2021

13e dimanche dans l’année B – 27 juin 2021

Toucher le cœur de Dieu

Sg. 1,14…24 – Ps 29 – 2 Cor. 8,7-15 – Mt. 5, 21-43

Toucher Jésus ou lui demander de nous imposer la main, c’est un acte de foi qui nous permet de recourir à Lui comme à la source de notre vie et de notre salut. C’est croire en la tendresse infinie de son amour pour tous les hommes et pour chacun de nous en particulier.

  1. Dieu peut-il être touché par n’importe qui ?

En relisant l’évangile de ce jour, je me suis souvenu d’un autre passage évangélique où il s’agit encore du toucher. C’est l’épisode où Jésus est invité chez un pharisien, Simon, pour un repas.

Une femme dite « de mauvaise vie », une prostituée, vient pleurer à ses pieds, versant des larmes et du parfum. C’est là que le pharisien Simon « se dit en lui-même:  » S’il était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et que c’est une pécheresse » (Lc 7, 39). Comme vous le savez, Jésus va être touché par la démarche de cette femme et lui « dit:  » Tes péchés sont pardonnés. » (Lc 7, 48).

Que nous apprend cet épisode ? Il nous apprend que selon les pharisiens, il y a des gens qui peuvent toucher Dieu et pas d’autres. Autrement dit, les bons peuvent toucher Dieu et s’approcher de Lui, alors que les pécheurs n’ont pas droit de le toucher. Ils doivent s’en abstenir ! Ce qui sous-entend que si nous ne sommes pas saints nous ne pouvons pas toucher Dieu. C’est donc penser qu’il ne sera jamais « touché » (dans le sens d’être « ému ») par notre cas et notre vie, et donc nous aurons jamais la manifestation de la tendresse de Dieu dans notre vie ?

Non, en nous rapportant l’épisode de cette femme malade, l’évangile de ce dimanche nous dit clairement que Dieu est bon pour tous, que nous soyons bons ou mauvais. Qui que nous soyons, nous pouvons recourir à LUI. Nous avons le droit de le toucher.

  1. Toucher le cœur de Dieu pour être sauvé

Ce qui nous permet de bien saisir le sens de l’évangile que nous venons de lire. « Elle disait  » Si je touche seulement ses vêtements, je serai guérie ». Elle le fait pudiquement et à l’insu de Jésus. Elle n’avait pas l’intention de « voler » la puissance de Jésus, mais elle était confiante qu’une vraie force de guérison et de vie émane de LUI.

C’est même peut-être ce que croyait le chef de la synagogue qui est venu demander à Jésus de venir chez lui « imposer la main » sur sa petite fille qui venait de mourir. Parce que cet homme croyait de tout son cœur que Jésus peut sauver et donner et redonner la vie.

Toucher Jésus et lui demander de nous toucher, sont des démarches qui nous permettent de recevoir la grâce de Dieu et d’être sauver. Toutes ces deux démarches exigent une foi simple et ferme.

  1. Notre foi en la tendresse infinie de Dieu

Avec toutes les expressions et gestes que nous rencontrons dans l’évangile : toucher Jésus, physiquement, comme cette femme malade ou que le cœur de Dieu soit touché par notre mal et notre misère ; ou encore se laisser toucher par Lui, il y a une chose qui en découle : par sa main, Dieu manifeste sa tendresse à tous les hommes.

Vous connaissez sûrement ce psaume qui dit : « la tendresse du Seigneur est de toujours à toujours » ; c’est-à-dire elle est pour toutes les générations. Cela veut dire que la main de Dieu est une source intarissable d’amour et de bienfaits pour tous les hommes, que nous soyons bons et justes ou que nous soyons mauvais et pécheurs.

Pour toucher le cœur de Dieu ou se laisser toucher par la main divine nous avons besoin de la foi : croire fermement en lui. Lorsque nous lisons les évangiles, nous remarquons que Jésus sollicite souvent la foi de ceux qui lui font une demande : « crois-tu que je vais faire cela ? » Nous aussi nous avons besoin de cette foi du lépreux qui disait à Jésus : « si tu le veux tu peux me purifier » ou de cette femme malade : « si je touche seulement son vêtement, je serai guérie ».

Aujourd’hui, l’Eucharistie, le sacrement de réconciliation et la prière sont des occasions que nous avons de toucher Jésus et de lui demander que sa main nous donne la guérison et le salut. Soyons donc conscients et confiants que chaque fois que nous prions, que nous communions ou que nous nous confessons, c’est Jésus lui-même que nous « touchons » encore aujourd’hui et son amour nous sauve !

*

Nous avons encore aujourd’hui des occasions de « toucher » Dieu et de le rendre sensible à notre mal et à notre vie, demandons-lui d’augmenter en nous la foi pour que nous puissions recourir à lui maintenant et tout au long de notre vie.

Abbé Etienne Kaobo Sumaïdi 

12e dimanche dans l’année B – 20 juin 2021

« Passons de l’autre côté de la rive »

Jésus nous invite à aller de l’autre côté pour notre destin, notre cana la où il y a notre bonheur : un nouveau pays, une nouvelle entreprise …Il dit passons. Donc on fait cette traversée avec lui, il sait qu’il y aura des tempêtes, voilà pourquoi il ne nous envoie pas seul mais il est avec nous …

Saint Marc dans son  récit au chapitre 4, 35-41, nous balise le chemin quotidien du disciple, le chemin de la foi,  c’est l’interpellation finale de Jésus : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ».

. Ces trois récits nous révèlent la puissance de Dieu. En même temps ils interrogent  notre foi. Où pouvons-nous chercher  la sécurité, le refuge quand notre vie est en danger  et dans la vie de tous les jours contre les menaces du mal qui ne cesse  de roder pour nous déstabiliser ? Où trouver la vraie vie et  la vraie sécurité dans notre vie de foi ? pas dans la puissance humaine pour nous Chrétiens … Notre vraie vie, notre sécurité  et notre protection  se trouvent en Jésus, le bon Berger devenu le sacrifice pour l’humanité qui s’est séparée de Dieu. Il est le médiateur.

Ce récit de la tempête nous indique le chemin auquel nous pouvons avec dignité trouver  la sécurité la plus sure et la plus durable qui est celui de   Jésus, qui  domine même les forces de la nature. La mer est le symbole  de ce qui menace la vie de l’homme. Dans le langage Biblique, elle est le symbole  des puissances du mal. Elle représente ce qui engloutit, apporte le danger, déclenche l’angoisse, crée l’agitation  et fait naitre le doute… « Jonas 1, 10-15 ».  Mais au contraire, la foi en Jésus Christ  est une puissance  qui fait vivre  et chasse  la peur    .  Cela ne signifie pas que  celui qui croit  est  épargné de difficultés  mais il sait les vivres et les gérer dans la foi et sans être perdue.

Les disciples reprochent à Jésus de dormir, face à une situation désespérante alors qu’ils sont en danger. La situation  est tellement critique  qu’ils craignent pour leur vie…  L’homme a tendance à faire appel à Dieu quand il est dans le désespoir. Dieu ne veut pas les chrétiens de la peur  mais ceux qui croient en lui dans la joie comme dans la peine. Il est notre Père qui est toujours sur notre chemin et nous protègent.

Ce récit de la tempête apaisée  nous apprend qu’il faut  avoir la foi et compter d’abord  sur Dieu dans la vie. L’homme  est constamment menacé par les puissances du mal  qui lui empêché de vivre en paix. La victoire ne se trouve pas dans l’homme  mais en Jésus christ « Ps  89 :10 »

Jésus se réveille et ordonne a la mer de se calmé  …Il a éloigné la menace par sa parole autoritaire. Pour vivre dans la  paix frères et sœurs, il ne suffit pas de bien  manger ni de bien s’habiller mais d’avoir la foi en Jésus qui a donné sa vie pour notre salut. C’est dans la foi en Dieu que le chrétien  doit lutter contre le mal  dans le monde et dans sa vie  …. L’évangile  que nous  prêchons et que nous méditons est une puissance  qui nous libéré .

Que Jésus dise constamment à tout ce qui te menace : Silence ! Tais-toi. Crois en lui et cherche en lui ta force et nous serons heureux de vivre dans sa joie  et en sa présence chaque jour de notre vie. Amen

Père Magloire